Eric : Tu n’as pas l’air d’aller fort en ce moment.
Louise : C’est vrai... Je me sens faible, déprimée.
Eric : Et que dis ton médecin ?
Louise :
Je n'ai pas consulté de médecin.
Mais
pourquoi Louise n'a-t-elle pas consulté de médecin ?
Louise étudie
la Science Chrétienne depuis 40 ans. Elle a trouvé que
la prière lui fait du bien, la revigore. La prière l’a même souvent guérie physiquement.
Alors elle n'a pas eu le désir ni ressenti le besoin de consulter un médecin.
D'après le préjugé récurrent circulant sur le web, la relation entre la médecine et
la Science Chrétienne suscite bien des incompréhensions.
La relation est pourtant simple, mais elle requiert quelques développements.
Quelle est l’attitude des scientistes chrétiens à l’égard de la médecine ?
Comme toute personne majeure, celui qui étudie la
Science Chrétienne, depuis 1h ou depuis 40 ans, demeure libre de consulter un médecin et de suivre un traitement médical, quel qu’il soit. Consulter un médecin n'est pas un péché ! Et pour les enfants c'est pareil : la santé est la règle. Par exemple, mes trois enfants ont eu de nombreuses guérisons par la prière, mais quand cela s’est avéré nécessaire, je les ai emmenés chez le médecin et j'ai suivi la prescription médicale.
Simple, non ?
Alors d'où vient l'incompréhension de la relation entre médecine et
Science Chrétienne ?
D'une part, il existe un doute dans l’opinion publique sur le fait que la prière puisse réellement guérir le corps ; d'autre part, notre culture a pour habitude d'associer l’Église à un catalogue d'obligations et d'interdits limitant la liberté individuelle ; enfin, une interprétation incorrecte du livre exposant la
Science Chrétienne,
Science et Santé avec la Clef des Écritures de
Mary Baker Eddy, et du rôle du
praticien de la Science Chrétienne, ajoute à la confusion.
 |
| Ernest Renan (1823-1892) |
1. La guérison par des moyens non médicaux existe-t-elle ?
Tout lecteur de la Bible, juif ou chrétien, a constaté que la Bible regorge de récits de guérisons spirituelles : guérisons des patriarches juifs, Moïse, Élie, Élisée... Guérisons de Jésus et de ses disciples. De même l'histoire du christianisme post-biblique est ponctuée de guérisons par la foi depuis les premiers chrétiens, en passant par Luther ou plus récemment par le Padre Pio en Italie.
Au siècle du rationalisme triomphant, Ernest Renan a bâti l’essentiel de son œuvre religieuse sur l’affirmation suivante : «
C’est parce qu’ils racontent des miracles que je dis : les Évangiles sont des légendes… » (
Vie de Jésus, 1863).
Pourtant la vraie question n’est pas de « croire » ou « ne pas croire » en la guérison chrétienne, mais de savoir si de telles guérisons existent, oui ou non. De manière factuelle.
Or, au moment où Renan écrivait «
Les miracles sont de ces choses qui n’arrivent jamais », des guérisons par la foi se produisaient à Lourdes. Le Dr Alexis Carrel (1873-1944), Prix Nobel de physiologie et de médecine, a constaté, de manière factuelle, la réalité de ces guérisons. Il a publié son témoignage dans son livre Voyage à Lourdes (Plon, 1949, posthume).
Les critères mis en place par les experts médicaux du Comité International de Lourdes rendent aujourd'hui
la réalité de ces guérisons incontestable. Les critères sont les suivants :
(1) la maladie doit avoir un caractère de gravité, avec un pronostic défavorable ; (2) la réalité et le diagnostic de la maladie doivent être assurés et précis ; (3) la maladie doit être uniquement organique, lésionnelle ; (4) un éventuel traitement ne doit pas avoir été à l’origine de la guérison ; (5) la guérison doit être subite, soudaine, instantanée ; (6) la reprise des fonctions doit être complète, sans convalescence ; (7) il ne s’agit pas d’une rémission mais d’une guérison durable.
Ainsi, au cours des siècles, des milliers de guérisons par des moyens non médicaux ont été rapportées. La poignée qui a pu être étudiée par des médecins confirme la réalité de ces guérisons.
2. La guérison purement spirituelle par la prière en Science Chrétienne existe-elle ?
Depuis la fin du 19ème siècle, des milliers de témoignages de guérison par la prière ont été publiés dans les magazines de la Science Chrétienne (
en français et
en anglais). Ces témoignages doivent être authentifiés par trois témoins pour être publiés.
Ces témoignages sont destinés principalement à exposer un processus spirituel vécu par la personne concernée, plutôt qu’à exposer en détail un processus clinique. Néanmoins de nombreuses guérisons ont été constatées par des médecins.
Prenons un exemple : la blastomycose est une maladie organique occasionnant des lésions hideuses et douloureuses
dont, il y a un siècle, personne n’avait jamais guéri. Si des traitements médicaux existent aujourd’hui, il n’y en avait pas alors. Madame David Oliver est la première personne connue ayant guéri (en quatre mois) de cette épouvantable maladie.
Le cas a été mentionné dans le journal professionnel des médecins américains, Journal of American Medical Association (
numéro du 27 juillet 1907, copie fournie sur demande). L’article précise qu'il s'agit «
du premier cas authentifié de guérison d’une blastomycose généralisée ».
Les faits en quelques mots : Après deux ans de souffrances et une opération qui conduisit les médecins à la considérer comme perdue, Mme Oliver, qui avait perdu l’appétit et le sommeil, vivait recluse dans l’attente de la mort. Une relation lui suggéra d’essayer la prière par la Science Chrétienne, puisque tout le reste avait échoué. Ce qu’elle fit en mars 1906. En juillet, elle était complètement guérie : poids et sommeil retrouvés, aucune trace de cicatrice, toute douleur disparue. Le récit complet fut publié dans
The Christian Science Journal (numéro de janvier 1909, copie fournie sur demande).
En France, Emmanuel Philipon, ancien externe des Hôpitaux de Paris, a étudié quelques cas de guérisons par la prière de la Science Chrétienne. Il écrit notamment ceci : «
On doit admettre que beaucoup de malades ont été véritablement guéris en “Christian Science” [Science Chrétienne]
. Dans tous les cas cités, les malades n'ont eu recours à la “Christian Science” [Science Chrétienne]
qu'après l'échec de tous les moyens médicaux et chirurgicaux possibles ». Philipon cite des cas de guérisons d’empoisonnement du sang, d’affection de la moelle épinière, d’affection aiguë du poumon, de bronchite, de tumeur et varices, d’eczéma et de crises épileptiques. (
Source : Emmanuel Philipon, Thèse pour le Doctorat en Médecine, 1913, Faculté de Médecine de Paris, Président : Ballet ; Doyen : Landouzy ; Vice Recteur de l'Académie de Paris : Liard ; page 50)
3. L’Église de la Science Chrétienne n'édicte-elle pas des obligations, des interdits comme les autres Églises ?
Un non catégorique !
Cette Église est unique en ce qu'elle laisse libre l'individu de mener sa vie et faire ses choix comme bon lui semble. Avortement, moyens de contraception, divorce, mariage, choix thérapeutiques, etc., l’Église laisse ces questions entre Dieu et la personne. La vie de l'église est gérée par des laïcs démocratiquement élus, il n'existe pas de clergé pour contrôler ou édicter des normes de conduites. Chacun se gouverne librement.
4. Ne trouve-t-on pas une critique de la médecine dans le livre qui expose la Science Chrétienne : Science et Santé avec la Clef des Écritures de Mary Baker Eddy ?
La réponse doit être nuancée.
Premièrement, le livre a été écrit en 1875, époque à laquelle la médecine ressemblait bien peu à celle d'aujourd'hui. Un grand nombre de critiques de la médecine de la fin du 18ème siècle et du début du 19ème, c'est à dire celle d'avant Pasteur, sont aujourd'hui formulées par les médecins eux-mêmes.
Deuxièmement, la
Science Chrétienne n'est pas une critique de la médecine, elle est une explication de
Dieu, de la nature de l’homme, du message de Jésus et de la guérison par la prière.
Science et Santé avec la Clef des Écritures ne dit pas autre chose que : oui,
Dieu existe ; oui, le message des Évangiles est compréhensible et pratique ; et oui, la guérison par la prière est possible dans tous les âges.
Troisièmement, tout message religieux peut être lu de façon intégriste (n'a t-on pas massacré des innocents au nom de Jésus ?), mais cette lecture intégriste du message de
Science et Santé avec la Clef des Écritures n’a rien à voir avec l’esprit de
la Science Chrétienne. Quatrièmement, Mary Baker Eddy, qui a été l'épouse d'un médecin homéopathe, avait le plus grand respect pour l’ensemble du corps médical, et elle n’hésitait pas à vanter les mérites des médecins dévoués et sincères qui mettent leurs connaissances au service des malades.
5. Quelle est la différence entre un médecin et un praticien de la Science Chrétienne ?
La différence est immense.
Le terme « praticien » désigne celui ou celle qui « met en pratique » le message de l’Évangile, tel qu’il est expliqué par
la Science Chrétienne, dans sa vie, y compris en guérissant par la prière. En un sens, tout individu qui étudie et pratique la Science Chrétienne est un « pratiquant », comme on dit « un catholique pratiquant », un « juif pratiquant » ou un « musulman pratiquant ». Mais certains scientistes chrétiens ont souhaité faire de cette pratique de l'Evangile et de la guérison par la prière un véritable ministère auquel consacrer tout leur temps. On les appelle alors des praticiens.
Un praticien de la Science Chrétienne soutient spirituellement par la prière toute personne qui lui en a fait la demande, en s'attendant à la résolution du problème et à la guérison, comme preuve de l’amour de Dieu envers l’homme.
Le praticien ne prétend pas avoir un pouvoir personnel de guérison. Seul le Christ guérit. Notons que le
praticien de la Science Chrétienne exerce son ministère d'aide par la prière sans être rattaché au fonctionnement d'une église (
L'Eglise de la Science Chrétienne n'ayant aucun clergé). A la différence du
praticien de la Science Chrétienne, le médecin a pour objectif principal de restaurer la santé par des moyens matériels. Il peut se préoccuper de l’état mental de son malade, mais fondamentalement, il ne prend pas plus en compte la dimension spirituelle de l’homme qu’il ne s’occupe de
Dieu.